ATLASea est un programme de recherche exploratoire qui vise à séquencer le génome de 4 500 espèces marines de la zone économique exclusive française. Lancé en 2023 pour une durée de 8 ans, il est co-piloté par le CNRS et le CEA. Au sein de ce programme, le Muséum coordonne le projet DIVE-Sea, dont l’objectif est de collecter, identifier et préparer les organismes marins en vue du séquençage de leur génome par le CEA. Depuis 2024, les équipes de DIVE-Sea ont fait notamment étape à Dinard, Marseille, en Nouvelle-Calédonie et en Guadeloupe.
La mission est de retour sur les côtes bretonnes au début du printemps 2026 pour un nouveau volet d’échantillonnage.
Une grande diversité de milieux à échantillonner
Contribuant depuis le début à ATLASea grâce à ses collections de phytoplancton en culture, la Station Biologique de Roscoff (CNRS-SU) accueille cette mission d’envergure du 30 mars au 10 avril. Pendant une quinzaine de jours, près de 80 participants invités et locaux (chercheurs, plongeurs, taxonomistes, généticiens, bio-informaticiens, techniciens, étudiants…) se relaieront pour échantillonner une grande diversité de milieux - estrans, herbiers, forêts de laminaires, ports - avec des techniques de collecte variées : plongée (brossage, aspirateur sous-marin…), chalut, drague, carottage… La forte mobilisation des personnels de la station biologique ainsi que d’un réseau de nombreux taxonomistes amateurs et professionnels, coordonné par le Muséum, sera déterminante pour ce nouveau volet de DIVE-Sea.
L’effort de collecte portera principalement sur les petits invertébrés marins (mollusques, crustacés, anné-lides, bryozoaires, éponges…) et les algues qui constituent une part encore largement méconnue de la biodiversité marine.
Une équipe dédiée ciblera spécifiquement les champignons marins, en prélevant des échantillons dans le sédiment et sur des supports inertes ou en association avec d’autres organismes. Les souches obtenues après mise en culture seront ensuite séquencées dans le cadre d’ATLASea.
Conçu pour réduire l’empreinte environnementale de la navigation scientifique, la Korrigane, le bateau prototype de la Station marine du Muséum à Dinard, rejoindra exceptionnellement Roscoff pour contribuer à la mission DIVE-Sea. Une première depuis sa mise à l’eau en 2024.
À ce temps fort breton de l’année 2026 s’ajouteront ponctuellement des collectes d’espèces ciblées pour le programme ATLASea, sur les littoraux méditerranéen et atlantique de l’Hexagone ainsi qu’en Guadeloupe ou encore en Nouvelle-Calédonie.
Les échantillons collectés lors de la mission DIVE-Sea seront identifiés, préparés et conditionnés sur place avant d’être envoyés au Genoscope, Centre National de Séquençage du CEA, à Évry. Les données génétiques produites et conservées au Genoscope répondent à trois enjeux principaux : - Mieux comprendre les trajectoires évolutives des espèces, leurs développements au sein des différents écosystèmes marins ;
- Ėtudier les mécanismes d’adaptation et garantir la conservation, alors que la biodiversité océanique subit des pressions croissantes liées aux activités humaines et au changement climatique ;
- Caractériser des espèces ayant un fort intérêt scientifique ou économique, notamment en vue d’identifier de nouveaux antibactériens biosourcés, ou des mécanismes de dégradation du plastique par des organismes marins.
Depuis le lancement des premières missions de terrain en 2024, plus de 2 300 espèces ont déjà été collectées et plus de 230 génomes complets ont été séquencés dans le cadre du programme.
Au Muséum, des collections pour éclairer demain
Le Muséum assure la conservation pérenne des spécimens et des données associées (photos, métadonnées), enrichissant ainsi ses collections. Avec plus de 68 millions de spécimens conservés et fort de ses 400 ans d’existence, le Muséum est le dépositaire de l’une des trois plus grandes collections naturalistes au monde.
ATLASea vient compléter à plus d’un titre cette collection. L’établissement conserve en effet les spécimens de référence sur lesquels les génomes ont été réalisés, mais également une collection de tissus conservés à -80°C pour des analyses jusqu’alors inaccessibles avec les techniques classiques de conservation, ouvrant de nouveaux champs d’investigation.