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Une création exceptionnelle conçue pour les 40 ans du musée d’Orsay


​En 2026, pour débuter magistralement les célébrations de ses 40 ans, le musée d’Orsay se transforme en véritable théâtre du vivant. Lors de deux soirées dans la Nef, le public sera plongé dans un spectacle immersif inédit au coeur des dynamiques cellulaires. Assis ou allongés au sol, les spectateurs pourront admirer le tympan et la verrière si emblématiques du musée, éclairés et traversés par les mouvements des filaments à l’intérieur des cellules, en une chorégraphie à la fois surprenante et poétique. Une expérience exceptionnelle qui donnera littéralement vie à l’architecture de la gare.

Publié le 11 décembre 2025

Sous la grande nef devenue ciel intérieur, les spectateurs sont guidés par une cellule-voyageuse, incarnée par la comédienne Judith Chemla, gardienne du musée de la vie, revenue d’un périple à travers la matière et les âges. Soudain, le bâtiment respire, la nef se fait membrane, et les filaments cellulaires deviennent constellations. Le musée se métamorphose, les murs se souviennent d’avoir été matière vivante. Solrey dirige un ensemble pour cordes harpe et percussions qui suit les mouvements des images et des cellules : une musique vivante, traversée de pulsations, de respirations et d’élans. Dans cette traversée des échelles, le public assiste à la danse secrète de la vie, à ses effondrements minuscules, à ses recommencements obstinés — une métamorphose où l’infiniment petit éclaire l’infiniment ancien.

Projet artistique

Projetées à une échelle gigantesque sous forme de vidéo mapping, ces images sont le fruit d’un travail expérimental inédit issu des recherches les plus récentes en biologie cellulaire : une série de séquences tournées spécifiquement pour le musée, inspirées et guidées par l’architecture du lieu. Leur pouvoir d’évocation, entre sidération et vertige, tient à leur capacité à révéler les lois et les mécanismes du vivant— ce dont nous sommes faits, et ce qui nous regarde. Elles révèlent l’étrange parenté entre les processus du vivant et ceux d’une architecture en constante métamorphose — une ancienne gare devenue musée.

Le XIXe siècle voit naître une révolution scientifique et technologique sans précédent qui s’accompagne d’un vaste mouvement de vulgarisation des savoirs nourrie par le positivisme, les publications populaires et les expositions universelles. Ces avancées ont profondément influencé l’imaginaire artistique, de Redon à Van Gogh. Depuis 40 ans, le musée affirme sa vocation interdisciplinaire en croisant arts, sciences et technologies ; pour son anniversaire, il prolonge naturellement cet engagement à travers un dialogue entre sciences et imaginaires, dans une création monumentale autour de l’architecture des cellules projetée sous la voûte historique de la gare d’Orsay. Ce spectacle immersif rend aussi hommage à la photographie, à l’image animée de cette fin de siècle, qui donneront naissance au cinéma.

Quelques secondes d’éternité, Architectures vivantes interroge ce qu’un musée fait au temps — et ce que le vivant peut lui apprendre. À la croisée de l’art et de la biologie, la performance invite à repenser la relation entre conservation et renouvellement, entre héritage et élan vital, entre architectures humaines et architectures du vivant. Derrière les images, c’est une question cruciale qui se joue : comment habiter le temps ? Comment durer sans se figer ? Comment accepter que l’éternité soit moins une promesse de stabilité qu’un geste de transmission — une circulation d’énergie, de sons, de formes ?

Distribution :
Direction scientifique : Manuel Théry
Direction artistique et mise en scène : Frédérique Aït-Touati Conception et direction musicale, artiste associée : Solrey Conception et montage vidéo, artistes associés : Nadir Bouassria et Pierre Froment (Groupe LAPS)
Texte et collaboration artistique : Marie-Sarah Adenis
Avec : Traffic Quintet et ses invités
Récitante : Judith Chemla
Dates : Samedi 24 janvier 19h30, 21h00 - Nef du musée d’Orsay Dimanche 25 janvier 19h30, 21h00 - Nef du musée d’Orsay
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La science au coeur du projet

Quelques secondes d’éternité naît d’un geste scientifique sans précédent pour un musée. Quinze chercheuses et chercheurs du CEA et du CNRS ont participé à une série d’expériences originales, imaginées spécialement pour Orsay. Plus d’un millier d’heures de laboratoire ont été consacrées à mettre en œuvre des systèmes vivants — cellules et réseaux de filaments — et à les filmer au microscope à l’aide de dispositifs microfluidiques conçus pour dialoguer avec l’architecture du musée.

De ces milliers d’heures, vingt-cinq expériences ont été sélectionnées, puis mises en texte, en musique et en dramaturgie, pour rendre sensible la plasticité, la fragilité et l’incroyable robustesse des architectures du vivant par rapport aux architectures de pierre. On y voit des systèmes transitoires, parfois non viables mais intensément présents, qui ne vivent que le temps de l’expérience : la possibilité de contempler ces formes, qui interrogent la frontière même du vivant, est un privilège offert par le spectacle.

Les images jouent un rôle central : elles sont conçues comme une interface entre la science et le public, une invitation à faire de chaque spectateur un chercheur. L’œuvre brouille toute frontière stable entre exploration artistique et exploration scientifique. En rendant accessible ce qui, d’ordinaire, reste invisible, en transformant l’espace du musée en un laboratoire poétique, Quelques secondes d’éternité fait apparaître, dans les architectures du vivant comme dans celles de la culture, une même dynamique : durer en se transformant.

Direction scientifique : Manuel Théry (CEA/ESPCI)
Co-conception : Laurent Blanchoin (CNRS/IRIG)
Chercheurs associés : Léa Blanc, Louise Bonnemay, Simona Buracco, Alice Cantat, Alexandra Colin, Jérémie Gaillard, Christophe Guérin, Laetitia Kurzawa, Nevena Morel, Anne-Betty N’Diaye, Elisa Paulin, Alfredo Sciortino, Flora Silberzan, Bhagyanath Suresh, Manuel Théry, Clothilde Utzschneider, Benoit Vianay.​


Judith Chemla
Comédienne, chanteuse lyrique, réalisatrice, Judith Chemla mène une carrière unique entre théâtre, opéra et cinéma. Après deux saisons à la Comédie-Française, elle engage un long partenariat avec le Théâtre des Bouffes du Nord où elle travaille notamment avec les metteurs en scène Emmanuel Meirieu, Jeanne Candel et Samuel Achache. Avec le metteur en scène Benjamin Lazar et le musicien Florent Hubert, elle conçoit et joue Traviata Vous méritez un avenir meilleur qui se joue depuis 2016. Elle vient de créer Le Procès de Jeanne mis en scène par Yves Beaunesne, et a été vue cette année dans le Hamlet/Fantômes mis en scène par Kirill Serebrennikov au Théâtre du Châtelet. Au cinéma, elle a tourné avec Stéphane Brizé, Laetitia Masson, Stéphane Batut, Olivier Dahan ou encore Noémie Lvosky.​

Solrey
Née à Caen, elle donne ses premiers concerts en soliste dès l’âge de 14 ans avec l’Ensemble Instrumental de Normandie avec lequel elle donnera de nombreux concerts. Après ses études à Paris, elle se perfectionne aux Etats- Unis, en Suisse et en Italie auprès de maîtres tels que Pierre Doukan, Henri Temianka ou Jaap Schröder… Solrey mène d’abord une carrière d’interprète avec l’Orchestre Philharmonique de Radio France, Ensemble Instrumental de Lausanne, Ensemble Mosaïque, California Chamber Orchestra… et s’initie parallèlement aux musiques du monde, enregistre de nombreuses BO pour le cinéma et collabore pour le théâtre. Forte de toutes ces inspirations elle créé son ensemble « le Traffic quintet » pour lequel elle a déjà écrit 5 spectacles dont le dernier né « Ciao Casanova » a été créé au Théâtre de la Fenice à Venise.
Sa collaboration avec le compositeur Alexandre Desplat a fait d’elle en tant que violoniste son interprète fétiche puis, aujourd’hui, son cheffe et la directrice artistique de tous ces enregistrements et concerts.
En 2015, Solrey met un terme à sa carrière de violoniste suite à une opération au cerveau qui la prive de sa main gauche et durant sa rééducation elle s’initie à de nouvelles pratiques artistiques alliant la réalisation, la mise en scène et la direction musicale. Elle réalise plusieurs films musicaux dont le documentaire « Alain Planès l’infini turbulent » et met en scène « En Silence », opéra cosigné avec Alexandre Desplat. Aujourd’hui ses identités plurielles lui confèrent une place unique où elle assume un regard hybride : le monde sensible d’une pensée.

Manuel Théry
Manuel Théry est chercheur en biologie et biophysique au CEA, où il dirige le CytoMorpho Lab. Diplômé de l’ESPCI, il a réalisé sa thèse à l’Institut Curie sur l’architecture cellulaire, développant des techniques innovantes de microfabrication aujourd’hui utilisées mondialement pour contrôler la forme et la croissance cellulaire.
Avec Laurent Blanchoin, directeur de recherche CNRS, il fonde ensuite le CytoMorpho Lab, combinant réseaux de cytosquelette reconstitués in vitro et microfabrication pour étudier les principes d’auto-assemblage intracellulaire, une approche pionnière dans la recherche sur la matière active.
Installé en partie à l’Hôpital Saint-Louis dès 2013, il explore la polarité et la division des cellules souches hématopoïétiques. Depuis 2023, à l’Institut Pierre-Gilles de Gennes, il travaille à la construction de l’architecture d’une cellule artificielle, ouvrant de nouvelles perspectives sur les mécanismes fondamentaux du vivant. Ses travaux ont reçu plusieurs distinctions (Institut de France, ASCB, EMBO) et bénéficient de financements majeurs, dont l’ERC et la chaire d’excellence « France 2030 » en 2024.

Frédérique Aït-Touati
Frédérique Aït-Touati, metteure en scène et chercheuse au CNRS basée à Paris, au Centre de recherche sur les arts et le langage, ​explore les liens entre sciences, arts et politique en faisant du théâtre un espace d’expérimentation. Formée à l’ENS de Lyon puis à Cambridge, elle fonde sa compagnie en 2004 tout en menant une thèse en histoire des sciences. Après avoir enseigné à Oxford (2007–2014), elle revient en France pour développer ses projets artistiques et scientifiques.
Résidente à la Chartreuse et à la Comédie de Reims, elle crée notamment Gaïa Global Circus. À partir de 2014, elle s’installe au théâtre Nanterre-Amandiers avec SPEAP, d’où elle signe la plupart de ses spectacles : Le Théâtre des négociations (2015), la conférence-performance INSIDE, puis Moving Earths, également présenté à l’Odéon. Elle participe en 2020 à l’exposition Down to Earth au Berliner Festspiele. Elle enseigne à l’EHESS, à SPEAP, ainsi qu’à NYU et Oxford. Elle est aussi autrice de Contes de la Lune (Gallimard, 2011) et Terra Forma (B42, 2019).
Frédérique Aït-Touati est Directrice du Théâtre de la Cité internationale depuis septembre 2025.

Groupe LAPS
Nadir Bouassria et Pierre Froment, vidéastes et graphistes, sont les co- fondateurs du Groupe LAPS, structure artistique réunissant plasticiens, éclairagistes, scénographes et concepteurs sonores. Ensemble, ils réalisent des dispositifs visuels et des installations multimédias dans l’espace public ou pour le spectacle vivant. Leurs créations explorent les liens entre image, architecture et narration, et cherchent à transformer les lieux en expériences immersives.

Marie-Sarah Adenis
Marie-Sarah Adenis est autrice et artiste, formée aux sciences du vivant. Elle crée des récits hybrides mêlant science et fiction, déployés aussi bien dans le texte que dans des dispositifs visuels. Son travail, exposé notamment au Palais de Tokyo et au Centre Pompidou, interroge notre relation au vivant.
Pendant la pandémie, elle publie un manifeste célébrant les microbes et prépare aujourd’hui un livre de fables scientifiques à paraître chez Actes Sud. Co-fondatrice de l’entreprise de biotechnologie Pili, elle y développe un procédé décarboné produisant des couleurs par fermentation microbienne, tout en poursuivant des projets artistiques autour des imaginaires du vivant.
Son goût pour la recherche et la transmission l’amène à collaborer régulièrement avec des laboratoires et des écoles d’art. Elle est jury de la Fondation Camargo depuis 2022 et a été lauréate des Audi Talents Awards en 2020 et de la Villa Albertine en 2024.





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