Dossier | L'énergie | La production d'énergie

Les différentes énergies (3/5)

Octobre 2013

LES ÉNERGIES FOSSILES

Les énergies fossiles sont issues de la matière vivante, végétale ou animale. Elles comprennent le charbon, le pétrole et le gaz naturel. Leur utilisation, en tant que combustible, s'est véritablement développée au cours du XIXème siècle à une époque où les besoins en énergie ont fortement augmenté avec les débuts de la "révolution industrielle".

Entre 1992 et 1999, la consommation mondiale de combustibles fossiles a augmenté de 10%. La consommation énergétique par habitant reste considérablement plus élevée dans les pays développés où chaque habitant consomme en moyenne l'équivalent de 6,4 tonnes de pétrole par an, soit 10 fois plus que la consommation des pays en développement. Faciles à transporter et à stocker, les énergies fossiles présentent néanmoins quelques inconvénients: coût très fluctuant (soumis aux aléas du marché et au contexte géopolitique), émission de gaz à effet de serre (responsables du réchauffement climatique), dispersion géographique des réserves et épuisement, à terme, de celles-ci.

Le charbon

Le charbon est la source d'énergie fossile la plus abondante et la mieux répartie dans le monde. Le charbon s'est formé il y a plus de 280 millions d'années à partir de végétaux engloutis par les eaux lors de bouleversements géologiques importants. Moteur essentiel du développement économique au XIXème siècle, le charbon a marqué la première révolution industrielle. Ainsi, entre 1800 et 1900, la consommation mondiale de charbon a connu une progression annuelle moyenne de +4,3%.

Il existe différents types de charbon (l'anthracite, la houille, la lignite, la tourbe) qui n'ont pas tous le même pouvoir énergétique. Au début du 20ème siècle, le charbon était l'énergie fossile dominante, aujourd'hui il a été supplanté par le pétrole mais reste très présent puisque le charbon représente près de 26% de la consommation mondiale d'énergie primaire dans le monde.

Le pétrole

Le pétrole est la première source d'énergie mondiale. Formé à partir du plancton qui s'est déposé au fond des mers, le pétrole fournit près de la moitié de la demande totale en énergie primaire. Pourtant jusqu'au début des années 1950, le pétrole n'occupait qu'une place limitée dans le paysage énergétique mondial (sauf aux Etats-Unis). Produit facile à manipuler, transporter ou stocker, le pétrole va rapidement supplanter le charbon. Les années 60 marquent véritablement le début de l' "ère du pétrole" du fait de la croissance continue des besoins énergétiques, de la découverte d'importants gisements, notamment au Proche-Orient, et de coûts de production très faibles. Après les chocs pétroliers des années 70, la demande connaît une forte baisse, mais un contre-choc, en 1983, provoque une réduction de moitié des prix du pétrole et la demande repart à la hausse (+ 2,4% de 1986 à 1989). Aujourd'hui, le pétrole représente près de 39% de la consommation mondiale d'énergie primaire dans le monde.

Le gaz

Le gaz s'est formé en même temps que le pétrole. Issu de la transformation naturelle durant des millions d'années de matières organiques, le gaz provient de couches géologiques du sous-sol où il se trouve soit seul, soit en association avec du pétrole. L'industrie du gaz naturel est née aux Etats-Unis au XIXème siècle qui ont été pendant longtemps le seul pays consommateur. Ainsi, la consommation de gaz naturel n'atteignait encore, en 1960, que 13% de la consommation mondiale d'énergie primaire.

La découverte et l'exploitation d'importants gisements dans d'autres parties du globe (ex. Europe de l'ouest, Afrique du Nord, Russie.) ont donné progressivement une dimension mondiale à cette énergie. Avec les chocs pétroliers des années 70, la position du gaz s'est renforcée, et de 1973 à 1989, la progression du gaz dans la consommation mondiale était en moyenne de + 3,3% par an. Aujourd'hui, le gaz représente près de 23% de la consommation mondiale d'énergie primaire .

LES ÉNERGIES RENOUVELABLES

Les énergies renouvelables constituent historiquement les premières sources d'énergies utilisées par les hommes. Fournies par le soleil, le vent, la chaleur de la terre, les chutes d'eau., ces énergies, par définition, se renouvellent naturellement après avoir été consommées et sont donc inépuisables (au moins sur des très grandes échelles de temps).

Au total, on peut compter six "types" d'énergies renouvelables : l'énergie solaire, l'énergie éolienne, l'énergie hydraulique, l'énergie géothermale, la biomasse et l'énergie des déchets. Jusqu'à la fin du XVIIème siècle, les énergies renouvelables étaient les énergies les plus consommées.
Aujourd'hui, elles sont en quelque sorte re-découvertes par les hommes et leur utilisation est à nouveau à la hausse grâce à des évolutions technologiques qui ont permis de gommer les "défauts" de ces énergies, qui sont souvent trop intermittentes et peu intenses. Elles servent surtout à la production d'électricité mais participent également à la production de chaleur (38% de leur utilisation en France). Au niveau mondial, les énergies renouvelables représentent environ 4,5% de la production totale d'énergie.

La France est riche en ressources énergétiques renouvelables; avec la première forêt d'Europe occidentale, le deuxième gisement éolien et un fort potentiel hydraulique et géothermique, elle est le premier producteur et le premier consommateur d'énergies renouvelables d'Europe. Les énergies renouvelables contribuent aujourd'hui à satisfaire près de 7% de la consommation française finale d'énergie.

LES ÉNERGIES NUCLÉAIRE

L'énergie nucléaire est une énergie récente née à la fin des années 30 avec la découverte de la réaction de fission.L'énergie nucléaire est localisée dans les noyaux des atomes. Ces noyaux, 100 000 fois plus petits que les atomes eux-mêmes, sont constitués de particules plus élémentaires, les protons et les neutrons, très fortement liés entre eux. La fission consiste à casser des noyaux lourds, comme ceux de l'uranium 235 ou du plutonium 239 , sous l'effet de l'impact d'un neutron. C'est l'énergie libérée par cette réaction qui est utilisée dans les réacteurs électronucléaires, une énergie considérable puisqu'un seul gramme d'uranium fournit autant d'énergie que 3 tonnes de charbon.

L'énergie nucléaire s'est imposée en France suite aux chocs pétroliers des années 70, afin d'accroître l'indépendance énergétique du pays. En 1974, le gouvernement a ainsi lancé un programme de construction de centrales nucléaires, dont les coûts d'exploitation sont peu sensibles aux fluctuations pouvant intervenir sur les coûts des matières premières.

L'uranium qui alimente les centrales nucléaires est en effet présent de façon importante partout dans le monde et est en particulier majoritairement situé dans des pays stables sur le plan politique. Ceci évite les tensions que l'on peut avoir sur le pétrole, le gaz et dans une moindre mesure sur le charbon. La mise en place du programme électronucléaire a permis de remplacer le fioul par l'énergie nucléaire pour la production d'électricité. En France, 76% de l'électricité est d'origine nucléaire. C'est l'une des plus compétitives d'Europe. Grâce à son parc de 58 réacteurs, la France atteint un taux d'indépendance énergétique proche de 50%, lui garantissant une grande stabilité d'approvisionnement. Actuellement, l'énergie nucléaire représente 16% de la production mondiale d'électricité.

Le développement de l'énergie nucléaire implique que la gestion des déchets radioactifs ait une solution industrielle. En France, la question des déchets a été prise en compte dès le début de l'industrie nucléaire, si bien que 90% des déchets disposent d'un mode de gestion industriel depuis plusieurs années. Les 10% restant, n’ont pas encore de filières définitives de stockage. Ils sont conditionnés et entreposés par leurs producteurs, dans l’attente d’un site de stockage définitif. Ces déchets font l’objet de programmes de recherches particuliers dont les grandes orientations sont fixées par la loi du 28 juin 2006, relative à la gestion durable des matières et déchets radioactifs, recherches auxquelles participe le CEA.

Parallèlement, si la production d'électricité nucléaire génère des déchets, elle ne contribue que très peu à la production de gaz à effet de serre. Ainsi, le programme électronucléaire français a permis au secteur électrique en France de diviser ses émissions de CO2 par 3,5 à compter des années 1980. Aujourd'hui, en France, le niveau des émissions de CO2 est un des plus faible d'Europe et on estime que sans l'existence de production d'électricité d'origine nucléaire, les quantités de gaz à effet de serre émises par les pays de l'OCDE auraient pu être, en 2000, de 6 à 15% plus élevées.

Enfin, les centrales nucléaires ne contribuent pas aux pollutions acides puisqu'elles n'émettent ni dioxyde de soufre ni oxyde d'azote.

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