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« Échographie » d'un géant stellaire en formation par l’observatoire ALMA


​Dans le cadre d’une coopération internationale, des astrophysiciens du CEA, du CNRS et des Universités Bordeaux 1 et Paris-Diderot ont pu identifier le mécanisme de formation d’une étoile cinquante à cent fois plus grosse que le Soleil, située à 11 000 années-lumière de la Terre. Grâce aux relevés d’ALMA, les chercheurs ont réussi à sonder le nuage moléculaire dans lequel cet astre de taille exceptionnelle est en train de naître. Ces résultats sont publiés dans Astronomy & Astrophysics le 10 juillet.

Publié le 10 juillet 2013

Les nuages moléculaires, composés principalement d’hydrogène moléculaire et de poussières, sont des régions cosmiques suffisamment denses pour permettre la formation d’étoiles. Il existe deux théories sur la formation des étoiles massives. L'une d'elles prédit que le nuage moléculaire se fragmente d’abord en plusieurs poches de gaz, chacune s'effondrant ensuite sur elle-même pour donner naissance à une étoile de masse proportionnelle à la taille de chaque fragment. Le deuxième scénario est plus « dramatique » : le nuage entier s’effondre sur lui-même, la matière étant attirée vers le centre, il se densifie et engendre un astre géant.

Le progéniteur stellaire observé au centre du nuage moléculaire observé par ALMA est le plus massif de toute la Voie Lactée (500 fois la masse du Soleil, et en augmentation continue). Situé à 11 000 années-lumière de nous, il a déjà été scruté par l’observatoire spatial Herschel, dont les résultats laissaient penser que les mécanismes de formation correspondent plutôt au deuxième scénario, celui d’un effondrement global de matière.

Les données collectées par ALMA confirment cette hypothèse. Au centre du nuage, un gigantesque embryon d’étoile se nourrit de toute la matière environnante, et devrait devenir une étoile brillante supermassive (jusqu'à 100 fois plus grosse que le Soleil). Seule une étoile sur 10 000 atteint de telles proportions, et leur naissance est un phénomène rapide ce qui rend leur observation d'autant plus difficile.

Ce résultat a été obtenu en n’utilisant qu’un quart du potentiel final d’ALMA (cf « Zoom : l’observatoire ALMA »). Des observations futures avec la pleine capacité de l'observatoire, sur ce nuage mais aussi d’autres nuages sombres du plan de la Galaxie, devraient permettre de confirmer très vite si ce scenario particulier est le mécanisme principal de formation des astres les plus massifs de la Galaxie.

ReportageObservations d'ALMA
  • spitzer
    Crédits photo : © ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)/NASA/JPL-Caltech/GLIMPSE
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  • spitzer + alma
    Crédits photo : © ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)/NASA/JPL-Caltech/GLIMPSE
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  • alma
    Crédits photo : © ALMA (ESO/NAOJ/NRAO)/NASA/JPL-Caltech/GLIMPSE
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Observations de la région où se forme l’étoile supermassive, par Spitzer (à gauche), ALMA (à droite), et les deux relevés combinés (au milieu). Comme Herschel, le satellite Spitzer réalise ses observations dans l’infrarouge (longueur d’onde : 3,6, 4,5 et 8,0 µm), tandis que l’observation d’ALMA correspond à des longueurs d’onde d’environ 3mm. La zone jaune au centre de l’image d’ALMA est le gigantesque nuage moléculaire dans lequel l’embryon d’étoile se nourrit et grossit.


Zoom : l'observatoire ALMA

L'observatoire ALMA (Atacama Large Millimeter Array), localiséau Chili, permet d'avoir une observation fine de la formation des étoiles, que ce soit dans l'Univers proche ou l'Univers lointain. Sa construction complète devrait être achevée prochainement (fin 2013). Cet observatoire sera équipé de 66 antennes, et la distance entre les antennes couplées variera entre 150 mètre et 16 kilomètres, conférant à ALMA une capacité de zoom inégalée. Les données recueillies par chaque antenne seront assemblées par un superordinateur, spécialement créé pour ce projet, capable d'effectuer 17 millions de milliards d'opérations par seconde.

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