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Chorée de Huntington : neurones et astrocytes co-inculpés


​Les astrocytes induisent les anomalies du métabolisme neuronal caractéristiques de la maladie de Huntington. C'est ce que vient de montrer une équipe internationale impliquant le CEA-I2BM.

Publié le 26 septembre 2014

​La maladie de Huntington, qui touche 8 000 personnes en France, est une atteinte neurodégénérative héréditaire due à la mutation d’une protéine : la huntingtine. Incurable à l’heure actuelle, elle se manifeste à l’âge adulte par des mouvements involontaires, des troubles comportementaux et des déficits cognitifs. La maladie peut entraîner la mort 10 à 15 ans après l’apparition des symptômes. Avant même les premières manifestations, la consommation cérébrale de glucose est réduite chez les porteurs de la mutation, comme le révèle l’imagerie TEP1.

Une équipe du CEA-I2BM, en collaboration avec des laboratoires français, américain et chilien2, a exploré les mécanismes de cette altération métabolique chez des rongeurs porteurs du gène de la huntingtine humaine mutée. Utilisant une technique d’imagerie équivalente au suivi par TEP, les chercheurs ont observé les mêmes anomalies de la consommation de glucose dans les mêmes régions cérébrales chez les rongeurs mutés que chez les patients humains. Ils ont ensuite examiné in vitro les neurones mais aussi les astrocytes3, peu étudiés sous cet aspect jusqu’ici.

Résultat : cultivés isolément, les neurones comme les astrocytes mutés ont un métabolisme normal. En revanche les neurones, mutés ou non, consomment moins de glucose que la normale lorsqu’ils sont co-cultivés avec des astrocytes mutés. Ces derniers sont donc responsables de l’altération métabolique des neurones, vraisemblablement par un mécanisme de stress oxydatif. L’équipe poursuit ses recherches avec d’autres modèles animaux, voulant entre autres développer d’autres méthodes de suivi du métabolisme cérébral du glucose chez les patients.


  1. Tomographie par émission de positons
  2. Brain and Mind Research Institute (New-York), Centro des Estudios Cientificos (Valdivio, Chili), CNRS/Université Pierre et Marie Curie
  3. Longtemps considérées comme de simples supports de neurones, les astrocytes, ou cellules gliales, jouent en réalité un rôle fonctionnel important dans la physiologie cérébrale.

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