En 2025 et 2026, l'infrastructure NeuroSpin a engagé une jouvence technologique d'ampleur exceptionnelle. Parmi les équipements remplacés, figurait l'IRM 7 teslas (7 T), installé depuis près de 20 ans. Ce renouvellement a été rendu possible grâce au soutien de l'Etat dans le cadre de la Loi de programmation de la recherche et du plan France 2030, de l'Union européenne, porté par la Région Île-de-France via le Fonds européen de développement régional (FEDER, investissement de 3,7 M€), ainsi que de l'Institut Robert-Debré du Cerveau de l'Enfant.
Le nouvel instrument IRM 7 T, le Magnetom Terra.X de Siemens Healthineers dont il n'existe actuellement que deux exemplaires en France, est doté d'un aimant ne nécessitant plus de remplissage d'hélium et de gradients de forte puissance pour une exploration du cerveau de l'homme à l'échelle submillimétrique.
Avec celui-ci, NeuroSpin pourra produire des images d'une précision inédite de l'anatomie cérébrale, mais aussi des fonctions du cerveau. Et les gains attendus bénéficieront particulièrement à la recherche pédiatrique comme le détaille le reportage de la webradio Euradio ! diffusé le 29 septembre.
Dans ce reportage, David Germanaud, responsable d'UNIACT et pédiatre à l'hôpital Robert-Debré, résume les limites actuelles de la recherche en imagerie pédiatrique : «
on fait toujours de la recherche chez l'enfant avec des outils développés chez l'adulte, on travaille avec des outils qui sont moins efficaces que ce qu'ils devraient être si on avait suffisamment investi dans la recherche méthodologique chez l'enfant ».
Mais pourquoi monter en champ bénéficie-t-il à la pédiatrie ?
Comme le rappelle Vincent Gras, ingénieur-chercheur dans l'équipe METRIC (UMR BAOBAB), la montée en champ permet d'accéder à des résolutions plus élevées. Premier avantage, il sera possible de voir des structures plus petites que chez l'adulte, comme le cervelet. Mais l'IRM à 7 T permet aussi de profiter d'un gain de contraste BOLD et il sera possible d'accéder à des cartographies des fonctions cérébrales individuelles, là où un instrument 3 T ne permet d'y accéder qu'à l'échelle du groupe. «
L'IRM à 7T pourra nous aider à mieux comprendre pourquoi un enfant va développer plus vite qu'un autre certaines capacités, pourquoi un autre enfant aura plus de difficultés dans des taches particulières » commente Jessica Dubois, chercheuse Inserm dans l'équipe InDev (UMR NeuroDiderot).
Autre défi à relever que les équipes ont déjà en tête : étendre la recherche au cerveau d'enfants de moins de six ans pour permettre de répondre à des enjeux de santé publique sur les troubles du neurodéveloppement et des enjeux sociétaux dans le domaine de la neuro-éducation en facilitant une meilleure compréhension et prise en charge des troubles des apprentissages.