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Laboratoire | Cerveau


Equipe PsyBrain

​Le groupe PsyBrain, dirigé par Pauline Favre et Charles Laïdi, est dédié à la traduction des avancées en neuroimagerie en nouveaux marqueurs pour les grandes maladies mentales chroniques (trouble bipolaire, schizophrénie, autisme). Ces marqueurs visent à améliorer le diagnostic, le pronostic, et à mieux comprendre les mécanismes pour envisager de nouvelles approches thérapeutiques.

PsyBrain est le groupe "Imagerie" de l’équipe NeuroPsychiatrie Translationnelle (dirigée par Marion Leboyer), au sein de l’Institut Mondor de Recherche Biomédicale (Inserm UMR 955), et fait partie du réseau de recherche de la Fondation FondaMental.

Publié le 9 juin 2026

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Responsables d'équipe

Pauline Favre et Charles Laïdi
​Présentation de l'équipe

L'équipe de psychiatrie de l'unité UNIACT vise à identifier des marqueurs en neuroimagerie des principales maladies mentales chroniques de l'adulte: trouble bipolaire, schizophrénie, autisme.

Ces trois pathologies sont fréquentes; environ 700000 personnes sont atteintes de trouble bipolaire en France, 600000 de schizophrénie et 300000 d'autisme.

Rappelons que les maladies mentales sont au 2ème rang, toutes causes confondues, de handicap.

Un des objectifs de Neurospin est de traduire en progrès pour les patients le développement de nouvelles techniques et de nouvelles méthodes d' Imagerie, ainsi que les modèles de pathologies humaines.

Nous utilisons à cet effet différentes techniques d'IRM cérébrales :

  • l'IRM de diffusion
  • l'IRM fonctionnelle
  • l'IRM anatomique

Nos objectifs sont, pour ces maladies :

  • mieux comprendre leurs mécanismes afin de pouvoir envisager de nouvelles pistes de traitement
  • développer des marqueurs en imagerie permettant une aide diagnostique et pronostique

Cette équipe mène des études dans le cadre du réseau de la Fondation FondaMental, fédérant de nombreuses équipes cliniques et laboratoires de recherche en vue d'améliorer le soin, la compréhension et la prévention des maladies mentales.

Elle fait aussi partie prenante du laboratoire d'excellence de psychiatrie biologique "Bio-Psy".

Ses travaux sont réalisés en collaboration étroite avec les différents laboratoires de NeuroSpin et également avec des partenaires étrangers en Allemagne (Pr Michèle Wessa Université de Mayence), en Irlande (Pr Colm McDonald, Galway University), et aux USA (Pr Mary Phillips, University de Pittsburgh) afin que les compétences spécifiques à chaque groupe soient partagées.

Comprendre les corrélats ​neuronaux des troubles de l’humeur pour identifier de nouvelles options thérapeutiques​

​Pa​​​uline Favre

Mes recherches visent à mieux comprendre les mécanismes cérébraux et cognitifs sous-jacents à :

  1. Le traitement et la régulation des émotions, tant dans la population générale que dans les troubles psychiatriques, notamment les troubles de l’humeur ;
  2. Les effets positifs des entraînements cognitifs ou mentaux, tels que les interventions psychosociales, les entraînements mentaux basés sur la méditation et le neurofeedback, chez ces populations.

J’utilise des techniques d’IRM de pointe, des paradigmes cognitifs et des méthodes d’analyse avancées, comme l’IRM à ultra-haut champ, l’IRM fonctionnelle en temps réel et l’apprentissage automatique, pour améliorer le diagnostic et le traitement des troubles de l’humeur. Le développement croissant des techniques d’IRM permet d’étudier plus précisément la neurophysiopathologie des troubles de l’humeur et d’évaluer la plasticité cérébrale potentiellement induite par différentes interventions thérapeutiques.

Nos travaux ont montré que le trouble bipolaire (TB) est caractérisé, sur le plan neurofonctionnel, non seulement par une altération des régions impliquées dans la régulation émotionnelle (fronto-limbique), mais aussi par une connectivité anormalement élevée entre les régions impliquées dans le contrôle cognitif (réseau du mode central, CEN) et celles impliquées dans la surveillance de l’état interne (réseau du mode par défaut, DMN). Sur le plan neuroanatomique, nos travaux récents, menés en collaboration avec le consortium ENIGMA, suggèrent des altérations de la microstructure des faisceaux de substance blanche reliant ces régions chez les patients bipolaires.

Nous cherchons actuellement à évaluer si l’imagerie cérébrale combinée à des méthodes d’apprentissage automatique pourrait améliorer le diagnostic et le pronostic du TB. Nous utilisons également l’IRM à ultra-haut champ (7T) pour affiner notre compréhension des variations de l’humeur dans le TB (projet ANR B37 T).

En parallèle, nous évaluons si des interventions thérapeutiques structurées et spécifiques peuvent réduire ces troubles neurocognitifs et induire une neuroplasticité à long terme. Nous avons montré qu’à l’issue d’un programme de psychoéducation de 12 semaines, l’amélioration clinique chez les patients bipolaires est associée à une modulation du fonctionnement cérébral et à une réorganisation des régions cérébrales impliquées dans la régulation émotionnelle.

Récemment, les techniques de modulation cérébrale non invasives, comme le neurofeedback par IRMf, ont montré leur intérêt dans la prise en charge des troubles neuropsychiatriques. Nous avons démontré le potentiel de cette technique pour le traitement de divers symptômes psychiatriques, avec des effets particulièrement prometteurs sur les symptômes dépressifs et anxieux.

Nous menons actuellement un essai clinique (PHRC-N) visant à développer et évaluer le potentiel de l’entraînement par neurofeedback en IRMf en temps réel pour améliorer la régulation émotionnelle et la symptomatologie résiduelle chez les patients bipolaires.​​​

Combiner la neuroimagerie et la neuromodulation pour développer une psychiatrie de précision

​C​harle​​s Laïdi

En tant que psychiatre et chercheur, mes travaux se concentrent sur deux objectifs principaux :

  1. La caractérisation des circuits cérébraux, avec un accent particulier sur le cervelet, associés aux conditions résistantes aux médicaments. Grâce à des jeux de données transdiagnostiques en accès libre et à des cohortes cas-témoins, je caractérise les mécanismes neurobiologiques sous-jacents aux symptômes résistants de la schizophrénie, du trouble bipolaire et de l’autisme, tels que les déficits d’interaction sociale, les symptômes négatifs ou la dépression résistante.
  1. Les interventions basées sur les circuits cérébraux utilisant la stimulation cérébrale non invasive. La stimulation magnétique transcrânienne (TMS) et la stimulation transcrânienne à courant continu (tDCS) offrent une opportunité de moduler les circuits cérébraux de manière non invasive, avec des effets secondaires limités. Je développe des essais cliniques dans les grands troubles psychiatriques, conçus pour cibler des circuits cérébraux pré-identifiés associés aux symptômes résistants aux médicaments.

Notre groupe a étudié l’anatomie du cervelet dans des maladies mentales sévères comme la schizophrénie, le trouble bipolaire et l’autisme. Dans la schizophrénie, nous avons mis en évidence une réduction du volume du cervelet cognitif (Crus II), un résultat reproduit par d’autres équipes. Dans le trouble bipolaire, nous avons identifié une dysconnectivité fonctionnelle du vermis cérébelleux, connu pour son rôle dans la régulation des émotions. Dans l’autisme, nos résultats montrent que les diagnostics catégoriels ne permettent pas de capturer les altérations structurelles du cervelet. Dans ce trouble, nos travaux révèlent une connectivité fonctionnelle aberrante entre le cervelet cognitif et les régions cérébrales impliquées dans la cognition sociale.

Dans la continuité de ces travaux, nous étudions maintenant comment l’anatomie structurelle et fonctionnelle du cervelet pourrait être associée de manière dimensionnelle et transdiagnostique à la cognition et aux symptômes psychiatriques, en utilisant plusieurs jeux de données de neuroimagerie en accès libre chez des sujets sains ou atteints de troubles de la santé mentale. En utilisant le jeu de données Human Connectome à ultra-haut champ, nous évaluons la connectivité fonctionnelle cérébelleuse mesurée avec des paradigmes naturalistes pour quantifier une "empreinte anatomique individuelle". Une telle quantification, suffisamment sensible pour identifier un individu donné, pourrait représenter une mesure optimale pour caractériser les effets de la stimulation cérébrale de manière précise et individualisée.

Nous pensons que les méthodes de neuromodulation, combinées à la neuroimagerie, pourraient faire avancer la psychiatrie de précision, en particulier pour les conditions résistantes aux médicaments, qui concernent jusqu’à 60 % des patients. Le développement de protocoles intensifs de neuromodulation non invasive ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques prometteuses.

En lien avec notre deuxième objectif, nous allons mener un essai clinique en double aveugle de stimulation cérébrale par tDCS transdiagnostique ciblant le cervelet (financé par le Ministère français de la Recherche et la Fondation Bettencourt) pour atténuer les symptômes négatifs dans la schizophrénie. Tous les patients subiront une IRM à ultra-haut champ (7T) avant et après la stimulation cérébrale afin de mieux comprendre les effets de la stimulation, de prédire les résultats du traitement et de personnaliser la cible de la stimulation.​



Projets en cours
  • Exploration des corrélats IRM de l'immuno-inflammation dans la schizophrénie et le trouble bipolaire

La schizophrénie et le trouble bipolaire sont actuellement de plus en plus considérés comme pouvant être aggravés par des processus inflammatoires, immunologiques et infectueux.

Nous utilisons l'IRM pour étudier l'impact de l'inflammation et des infections sur l'anatomie et le fonctionnement cérébral dans ces deux maladies.

Nous avons pu ainsi d'ores et déjà montrer un lien entre réponse immunologique à un virus très commun (le cytomégalovirus), l'anatomie de l'hippocampe et les performances en mémoire.

Si les résultats de cette étude en cours sont positifs, ils ouvriront de nouvelles perspectives thérapeutiques en suggérant d'agir directement sur les processus immunologiques et inflammatoires chez ces patients.

  • Biomarqueurs du trouble bipolaire

Nous poursuivons la recherche de biomarqueurs diagnostiques et pronostiques en neuroimagerie du trouble bipolaire (White matter alterations in bipolar disorder: potential for drug discovery and development. (2014) Marlinge E, Bellivier F, Houenou J., Bipolar Disord)

Nous nous intéressons plus particulièrement aux anomalies de la substance blanche cérébrale qui pourraient causer des anomalies de connectivité (ou "synchronisation") entre les différentes aires cérébrales. Ces anomalies seraient à l'origine du défaut de régulation émotionnelle chez ces patients puis des rechutes depressives ou maniaques.

L'objectif à terme est de pouvoir utiliser l'IRM cérébrale pour aider le clinicien à poser un diagnostic de trouble bipolaire et à choisir le traitement le plus adapté. En effet, par exemple, le diagnostic de trouble bipolaire est posé 10 ans après le début des symptomes, ce qui occasionne un retard important dans la prise en charge et les soins de ces patients. Un des obstacles au diagnostic précoce est l'absence de test laboratoire ou radiologique permettant d'aider au diagnostic.

  • Etude des biomarqueurs de l'autisme de haut niveau (syndrome d'Asperger).

Le groupe débute actuellement une étude en neuroimagerie dans l'autisme de haut niveau, sans retard mental (syndrome d'Asperger). Il s'appuie également sur la cohorte "Psy-COH" (" Investissements d'Avenir ", Appel d'offres Cohortes).

Ce projet vise à comprendre comment les modifications dans l'anatomie et le fonctionnement cérébral chez les patients atteints de syndrome d'Asperger sont impliqués dans les symptomes et handicaps dont souffrent ces patients.