Le SHFJ, créé en 1958 sous l’impulsion de Frédéric Joliot, est un pionnier de la médecine nucléaire en France. Il a notamment accueilli le premier cyclotron biomédical français (1975) et le premier imageur TEP-IRM clinique (2015). En parallèle de la recherche portée par l’UMR BioMaps, il abrite un service de médecine nucléaire, qui assure les examens cliniques pour le public du bassin de population du nord-ouest de l’Essonne. Son exploitation repose sur une convention avec le GHNE.
Panorama des examens cliniques
L'infographie ci-dessous présente les différents examens proposés ainsi que les chiffres clés de 2025.
Chiffres clefs 2025 du service de médecine nucléaire du SHFJ (crédits : L. Hoffmann / CEA)
Parmi les examens proposés, la relance des scintigraphies cardiaques marque une étape importante pour le service, illustrant la dynamique du SHFJ.
Focus : Les scintigraphies cardiaques
Jusqu'en 2016, le service de médecine nucléaire du SHFJ réalisait
des scintigraphies cardiaques, mais l'activité a été
interrompue faute de cardiologue disponible, dont la présence est obligatoire pour la réalisation de l'épreuve d'effort faite pendant cet examen. Avec l'installation du
GHNE sur le plateau de Saclay en 2024 et le regroupement des services de cardiologie de trois hôpitaux (Orsay, Juvisy et Longjumeau), les liens entre les deux structures se sont renforcés. Les cardiologues du GHNE, très demandeurs, ont exprimé le besoin de reprendre ces examens. Aujourd'hui, un cardiologue assiste à nouveau l'équipe de médecine nucléaire pour mener à bien ces examens notamment pour les tests d'effort.
La première vacation a eu lieu le
24 février 2026 avec
trois patients, puis quatre la semaine suivante. L'objectif est d'atteindre
sept patients par vacation, à raison d'une vacation par semaine.
À quoi sert cet examen ?
La scintigraphie cardiaque permet d'évaluer la perfusion du myocarde (irrigation sanguine du cœur)
à l'effort, puis
au repos si des anomalies sont détectées. Elle est cruciale pour :
Les patients adressés pour ce type d'examen sont principalement des personnes âgées, des patients avec une hypertension artérielle, en surpoids ou obèses, ou ayant des antécédents cardiaques. Dans un premier temps les patients venaient uniquement de la part de cardiologues du GHNE mais progressivement les scintigraphies cardiaques ont été étendues aux autres cardiologues prescripteurs, hospitaliers ou de ville.
Déroulement de l'examen

- Arrivée et préparation du patient, pose d'un électrocardiogramme
- Épreuve d'effort : en présence du cardiologue, le patient pédale sur un vélo[1] jusqu'à atteindre la fréquence cardiaque maximale prescrite. Un sablier numérique le guide. Au pic de l'effort, une dose de Stamicis[2] marqué au technétium-99m (traceur faiblement radioactif) est injectée.
- Scintigraphie : après une phase de récupération, le patient passe 30 minutes sous la caméra scintigraphique :
- Si les images sont normales : l'examen est terminé.
- Si des anomalies apparaissent : le patient revient 3 heures plus tard pour une nouvelle injection et des images au repos
Perspectives et projets futurs
La RIV est une thérapie ciblée, qui utilise des substances radioactives pour détruire spécifiquement les cellules tumorales, tout en limitant les effets sur les tissus sains.
En plus de relancer des activités historiques comme les scintigraphies cardiaques, le service a aussi des ambitions fortes pour l'avenir, avec des projets concrets qui devraient élargir son offre clinique et renforcer sa collaboration avec le GHNE, comme la Radiothérapie Interne Vectorisée (RIV).
Avec le déménagement dans le bâtiment PASREL, le SHFJ prévoit d'ouvrir 4 chambres dédiées. Les patients, principalement du GHNE, pourront ainsi bénéficier de cette avancée majeure en oncologie. Cette évolution comporte des enjeux logistiques en matière de ressources humaines avec la nécessité d'avoir du personnel dédié. La mise en place d'une convention avec le GHNE sera également nécessaire pour la prise en charge des patients en cas d'hospitalisation.

À l'heure où la médecine nucléaire joue un rôle de plus en plus essentiel dans le diagnostic et le traitement des maladies, le SHFJ se positionne comme un partenaire incontournable, au service des patients, des médecins et de la recherche médicale
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[1] Pour les patients incapables de pédaler, une
épreuve pharmacologique (Rapiscan, atropine) est proposée : une substance pharmacologique est utilisée pour stimuler le cœur et faire augmenter la fréquence.
[2] Le sestamibi (Stamicis) marqué au technétium-99m est un produit radioactif qui se concentre dans le muscle cardiaque en bonne santé, proportionnellement à son irrigation sanguine.