Les kinésines sont des « moteurs moléculaires » qui se déplacent dans les cellules le long des microtubules constitutifs du squelette des cellules eucaryotes. Elles servent particulièrement au transport des vésicules et à la division cellulaire.
Les kinésines ont la capacité de se mettre en veille, de s'auto-inhiber. Les protéines JIP3 et JIP4 (JIP3/JIP4) sont des adaptateurs des kinésines[1] : ils relient la kinésine-1 à ses cargos vésiculaires, pour un transport bidirectionnel le long des microtubules. Mais ces adaptateurs agissent également comme des régulateurs clés de ce transport, capables d'activer la kinésine-1 en levant son auto-inhibition. Comment y parviennent-ils ?
Des chercheurs de l'I2BC ont caractérisé l'interaction entre KIF5B, la chaîne lourde de la kinésine-1, et un fragment des protéines JIP3 et JIP4. Ils ont notamment identifié les régions minimales de JIP3/4 et de KIF5B nécessaires à l'interaction : le domaine RH1 de JIP3/4 et la région CC4 de KIF5B, région qui stabilise la kinésine-1 dans sa forme auto-inhibée. Ils révèlent aussi une différence d'affinité pour KIF5B d'un facteur 40 entre JIP3 et JIP4.
Des expériences de mutagenèse dirigée sont venues compléter ces résultats. Elles révèlent plusieurs sites de liaison à faible affinité qui définissent collectivement une surface de liaison extensive de KIF5B sur le domaine RH1 de JIP3.
Dans l'ensemble, cette cartographie renseigne sur la manière dont la forme auto-inhibée de la kinésine-1 pourrait être atténuée : les protéines JIP3/4 en interagissant avec CC4 viendraient déstabiliser cette conformation.
Contact Institut des sciences du vivant Frédéric-Joliot / I2BC :
Ce texte est basé sur "Les protéines JIP3 et JIP4 : bien plus que de simples adaptateurs pour le transport de vésicules" publié sur le Scoop.it Life sciences Université Paris-Saclay :
https://sco.lt/8sFAOm
[1] JIP3 et JIP4 sont également des adapteurs de la dynéine, un autre moteur moléculaire.