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L'impact de la pollution aérienne sur le fœtus


​Des chercheurs de l'Inserm et du CEA-Jacob mettent en évidence sur 1500 femmes enceintes les modifications épigénétiques de l'ADN placentaire causées par des polluants aériens. Leur étude précise une potentielle altération du développement du fœtus.

Publié le 31 mai 2024

​L'exposition à la pollution de l'air extérieur est un facteur de risque majeur pour la santé du fœtus et de l'enfant à naître. Elle est en effet suspectée d'être à l'origine d'affections cardio-métaboliques, respiratoires ou neuro-développementales chez l'enfant à naître. De nombreuses études sont en cours pour comprendre les mécanismes moléculaires à l'œuvre. Celle de l'Inserm associant le CEA-Jacob s'est intéressée particulièrement à l'impact de trois polluants aériens (dioxyde d'azote NO2, particules fines PM2,5 et PM10) sur trois cohortes de femmes enceintes.

Les travaux ont porté sur la caractérisation de la méthylation de l'ADN placentaire, processus épigénétique qui régule (active ou inhibe) l'expression des gènes sans altérer la séquence d'ADN. Les chercheurs ont identifié différents niveaux de méthylation concernant des gènes impliqués dans le développement fœtal, dont un tiers des modifications sont corrélés à des paramètres tels poids et taille de naissance, périmètre crânien, etc.

Vulnérabilité du métabolisme et des systèmes immunitaire et nerveux

Les chercheurs ont ainsi pu observer des modifications de l'expression des gènes impliqués dans le développement du système nerveux, du système immunitaire ou encore du métabolisme ont été observées. De plus, ils ont mis en évidence que les altérations de la méthylation de l'ADN placentaire avaient un impact différentiel sur les gènes affectés ainsi que sur le calendrier de grossesse.

« Grâce à l'écosystème des plateformes du CNRGH, nous avons pu conduire cette étude sur trois des plus grandes cohortes françaises de mères-enfants connues à ce jour. Les résultats sont ainsi robustes quant à la persistance des altérations de la méthylation de l'ADN dans des voies physiologiques pertinentes après l'exposition aux polluants atmosphériques », indique Jörg Tost, directeur de laboratoire au CEA-Jacob.

La prochaine étape va consister à voir si les modifications épigénétiques engendrées par l'exposition à ces polluants pendant la grossesse persistent après l'accouchement, et si elles influencent la santé néonatale et le développement de l'enfant.



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