Une forte variabilité selon les régions
Les chercheurs ont analysé les projections de quatre modèles climatiques globaux. Leurs résultats montrent que les changements de vitesse des vents de surface ne sont pas uniformes. Ils varient fortement selon les régions, et parfois même selon les modèles utilisés. Cependant, un point fait consensus entre les quatre modèles climatiques étudiés : un renforcement significatif des vents est attendu en Terre Adélie, sur la barrière de Ross et en Terre d'Enderby. À l'inverse, un affaiblissement des vents est projeté dans certaines zones côtières comme la plateforme de glace de Shackleton, la région d'Amundsen et la plateforme de Filchner.
Figure : Carte des zones de changements significatifs de la vitesse du vent près de la surface entre 2080–2100 et 1980–2000 pour les GCMs régionalisés par MAR. Les zones en rouge foncé (bleu foncé) représentent les régions pour lesquelles au moins trois GCMs régionalisés par MAR projettent une augmentation (diminution) significative de la vitesse du vent près de la surface. Les zones en rouge clair (bleu clair) représentent les régions pour lesquelles deux modèles projettent une augmentation (diminution) significative de la vitesse du vent près de la surface. Les zones grisées hachurées indiquent les emplacements où il existe un désaccord significatif entre au moins deux modèles concernant le signe de l'évolution de la vitesse du vent près de la surface.
Pourquoi les vents changent-ils ?
Pour comprendre ces évolutions, les chercheurs ont étudié les mécanismes physiques à l'origine des vents de surface. Deux grands types de forçage local interviennent :
- Le vent catabatique : il se produit lorsque l'air froid et dense descend le long des pentes du continent sous l'effet de la gravité.
- Le vent thermique : il est lié aux différences horizontales de température près de la surface glacée.
Dans un climat plus chaud, ces deux mécanismes devraient globalement diminuer, mais en modifiant la vitesse du vent en sens opposés.
Des enjeux climatiques majeurs
Ces résultats sont importants car les vents de surface influencent directement le bilan de masse de la calotte glaciaire antarctique. En modifiant le transport de neige et la répartition des précipitations, ils peuvent indirectement affecter l'élévation du niveau des mers. Cette étude souligne que le réchauffement climatique ne produira pas les mêmes effets partout en Antarctique. Le continent austral pourrait connaître, d'ici la fin du siècle, une mosaïque de régions aux vents renforcés ou affaiblis, selon les mécanismes dominants.