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Des anticorps monoclonaux humains pour désarmer les superbactéries


​​Face à la progression des bactéries résistantes aux antibiotiques, les chercheurs développent de nouvelles stratégies thérapeutiques. Dans ce cadre, un consortium de chercheurs du CEA-Irig a identifié deux anticorps monoclonaux humains provenant de patients infectés de manière chronique par Pseudomonas aeruginosa. Ces anticorps bloquent l'injection de toxines dans les cellules humaines et réduisent significativement la virulence de cette bactérie.​​

Publié le 6 juillet 2026

​Les superbactéries sont des micro-organismes résistants aux antibiotiques et responsables d'environ 700 000 décès par an, nombre qui pourrait potentiellement atteindre 10 millions par an en 2050. Parmi elles, P. aeruginosa est un pathogène majeur des infections nosocomiales, souvent multirésistant, et particulièrement dangereux pour les patients sous ventilation mécanique. Il provoque aussi fréquemment des infections pulmonaires persistantes chez les patients atteints de mucoviscidose.

Lors de l'infection, cette bactérie utilise un Système de Sécrétion de Type 3 (SST3) : une nanomachine qui injecte au moyen d'une seringue moléculaire, appelée injectisome, des toxines dans les cellules de l'hôte. Les toxines sont des substances produites par les bactéries et qui endommagent les cellules et les tissus de l'hôte. Bloquer ce système permet donc de limiter la virulence de la bactérie, c'est à dire son pouvoir pathogène (sa capacité à provoquer une maladie).

Pour identifier des anticorps monoclonaux humains (Acm) inhibant le SST3, les chercheurs ont trié de façon spécifique des lymphocytes B (cellules du système immunitaire qui produisent les anticorps) provenant de patients atteints de mucoviscidose. Ils ont ainsi isolé deux anticorps ciblant une protéine essentielle du SST3, appelée PcrV, située à l'extrémité de l'injectisome. En se fixant sur cette protéine, ces anticorps empêchent l'injection des toxines et diminuent la virulence de P. aeruginosa.

En combinant des approches de microbiologie cellulaire, de génétique, d'immunologie et de biologie structurale, le consortium a montré que différents anticorps anti-PcrV, issus de cette étude et de travaux antérieurs, inhibent le SST3 selon des mécanismes distincts. Ces différences dépendent de l'épitope reconnu, c'est-à-dire de la région précise de la protéine ciblée par l'anticorps.

Ces travaux permettent de mieux comprendre les variations d'efficacité observées entre les anticorps dirigés contre PcrV et d'identifier les épitopes les plus pertinents pour développer de nouveaux inhibiteurs du SST3. Ils apportent également des informations clés pour la conception de potentiels vaccins anti-Pseudomonas fondés sur la protéine PcrV. Dans un contexte d'antibiorésistance croissante, ces résultats ouvrent ainsi de nouvelles perspectives pour le développement de thérapies alternatives.​




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