Cet amas est l'un des plus lointains connus : sa lumière a voyagé pendant environ 11 milliards d'années avant de nous parvenir. Nous le voyons donc tel qu'il était quand l'Univers n'avait qu'environ 3 milliards d'années, ce qui nous permet d'étudier une époque très précoce de l'histoire de l'Univers.
En combinant les observations du télescope spatial James Webb (qui révèle la position des étoiles) et de l'interféromètre ALMA (qui cartographie le gaz moléculaire froid), les scientifiques ont détecté, dans cinq galaxies, de longues traînées de gaz asymétriques. Ces « queues de gaz » sont la signature d'un phénomène appelé arrachage par pression dynamique (ram pressure stripping en anglais). Il se produit lorsqu'une galaxie se déplace à grande vitesse dans le gaz chaud et diffus qui remplit l'amas : la pression qu'elle subit arrache son gaz. Cet effet est d'autant plus fort que la galaxie est petite (elle retient moins bien son gaz), qu'elle va vite ou qu'elle s'approche du centre de l'amas, où le milieu est plus dense.

Exemple d'une observation de galaxie par le satellite spatial JWST (en orange) avec sa queue de gaz (contours blanc) observée par le télescope au sol ALMA.
Or ce gaz froid est le carburant des étoiles. Une galaxie qui en est privée cesse d'en former : elle est dite « éteinte », ou « morte ».
Emanuele Daddi, astrophysicien au CEA, explique : « Ce qui est remarquable, c'est de voir ce mécanisme à l'œuvre aussi tôt dans l'histoire de l'Univers : cela montre que l'environnement des galaxies pouvait déjà jouer un rôle décisif dans leur évolution, aux côtés des processus internes. »
Cette découverte ouvre ainsi une piste pour comprendre pourquoi les amas actuels sont peuplés de galaxies éteintes.