Antonio García Muñoz est astrophysicien au CEA-Irfu depuis 2020. Ses recherches portent sur plusieurs thématiques liées aux atmosphères planétaires, notamment leur caractérisation, leur stabilité, leur évolution ainsi que leurs interactions avec le milieu stellaire.
Les super-Terres et les sous-Neptunes sont des planètes dont la taille se situe entre celle de la Terre (1 rayon terrestre) et celle de Neptune (4 rayons terrestres) parmi les plus répandues dans notre galaxie, même si elles ne se trouvent pas dans notre propre système solaire. Pourtant, malgré leur abondance et des années d'observations avec des télescopes comme James Webb ou Hubble, nous n'en savons que très peu sur leur structure interne, leur composition atmosphérique ou les mécanismes de leur évolution. Ces informations sont essentielles pour acquérir une compréhension globale des sciences planétaires.
Son projet, Exo-RARE, vise à percer les mystères des super-Terres et des sous-Neptunes en explorant un aspect clé : l'échappement atmosphérique vers l'espace. Ces planètes, souvent proches de leur étoile, subissent un rayonnement intense (UV, X) qui peut ioniser et chauffer leurs atmosphères, déclenchant des processus d'échappement. Comprendre ces mécanismes est essentiel pour déterminer si ces elles sont en mesure de conserver une atmosphère stable, condition nécessaire (mais pas suffisante) à l'habilité, et pour contraindre la composition du gaz atmosphérique. Ces informations sont souvent impossibles à obtenir avec d'autres méthodes plus conventionnelles.
Ce projet a pour ambition de placer l'Europe à l'avant-garde de la recherche sur les exoplanètes. En apportant un nouvel éclairage sur ces planètes aussi communes que mystérieuses, il sera possible de révolutionner notre compréhension de l'habitabilité et de préparer le terrain pour les futures missions dédiées à la caractérisation des atmosphères, comme Ariel (ESA, lancement prévu en 2029).