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Quatre femmes scientifiques du CEA bientôt inscrites sur la Tour Eiffel


​​​​A l'initiative de l'association Femmes et Sciences, une commission d'experts a dévoilé ​​72 noms de femmes scientifiques à graver sur la Tour Eiffel. L'objectif : rendre hommage aux contributions majeures des femmes dans le domaine scientifique. Parmi elles, quatre figures qui ont marqué la recherche fondamentale au CEA. ​

Publié le 20 février 2026

​Georgette Délibrias, physicienne (1924-2015)

Physicienne, pionnière du carbone 14 en France, Georgette Délibrias réalise dès 1955, avec Jacques Labeyrie, les premières datations françaises, parallèlement aux travaux de Libby, futur prix Nobel. À la tête du laboratoire de faibles radioactivités du CEA-CNRS de 1961 à 1988, elle mène plus de 8 000 datations en géologie, océanographie et archéologie. Innovatrice, elle perfectionne les compteurs proportionnels et affine la chronologie des déglaciations. On lui doit les premières datations des temples d'Angkor et de Louxor, ainsi que la mise en évidence d'un peuplement très ancien de l'Amérique du Sud. Mentore exigeante et généreuse, elle forme de nombreux chercheurs et chercheuses et contribue à la création de laboratoires de datation au carbone 14 dans plusieurs pays (Sénégal, Égypte, Brésil et Algérie).

Passionnée par la préhistoire, elle date la présence d'hominidés au Brésil à 32 000 ans avant notre ère, bien avant les 13 000 ans précédemment admis.


Henriette Faraggi, physicienne (1915-1985)

Élève d'Irène Joliot-Curie à l'Institut du radium, elle entre au CEA* en 1951 et consacre sa carrière à la physique nucléaire. Elle y apporte de nombreuses contributions, en particulier, elle introduit la technique « autoradiographique » par irradiation d'émulsions photographiques, qui sera à l'origine d'applications importantes en métallurgie et en biologie. Elle assure ensuite la direction du Département de Physique Nucléaire du CEA, de 1972 à 1978. Pendant cette période, elle est présidente du comité de physique nucléaire de l'IUPAP (International Union of Pure and Applied Physics) ; elle est la 1re femme élue présidente de la SFP (Société Française de Physique) en 1972. Convaincue très tôt de l'importance de la physique des ions lourds de haute énergie pour étudier le plasma quarksgluons — cet état de la matière où ces particules ne sont pas liées —, elle joue un rôle important dans la prise de décision en 1975 de la construction du grand accélérateur national GANIL, à Caen.

Henritte Faraggi a conclu ainsi son allocution de présidente sortante de la SFP : « Si vous trouvez certaines choses à redire dans mon action […] écoulée, ne dites pas « c'est parce que c'est une femme », mais plus simplement que je n'étais pas à la hauteur de cette tâche. Et ne tardez pas trop à appeler d'autres femmes à la présidence de notre Société. »


Lydie Koch-Miramond, physicienne – 1931-2023

Physicienne diplômée de l'ESPCI, Lydie Koch-Miramond, joue un rôle central dans le développement de l'astrophysique au CEA, qui occupe aujourd'hui une place de premier plan au niveau mondial. Spécialiste des rayonnements c​osmiques, elle dirige la Section d'Astrophysique de 1967 à 1979, mène des projets pionniers de détection de rayons cosmiques en ballons stratosphériques, contribue au développement de détecteurs innovants au Germanium et Silicium pour les satellites HEAO-3, COS-B et développe l'astronomie des rayons X et gamma. Visionnaire, elle établit des collaborations internationales et attire de nombreux chercheurs. Femme libre et engagée, elle milite pour les droits humains, notamment via Amnesty International. Sa contribution scientifique et humaine fut largement reconnue, dans un milieu alors très masculin.

Elle a coécrit le livre Comment peut-on être chercheur(e) ? pour évoquer notamment les relations interpersonnelles dans les laboratoires et éclairer quiconque s'interroge sur la vie de chercheur et chercheuse.


Ethel Moustacchi, biochimiste – 1933-2016

Après une enfance au C​aire, elle étudie la chimie et la biologie à la Faculté des sciences de Paris. Elle intègre l'École nationale supérieure de chimie de Paris, puis en 1954 l'Institut du radium (futur Institut Curie). Recrutée par le CNRS en 1959, elle soutient sa thèse en 1964 sur « les facteurs de radiorésistance de la levure ». À son retour de post-doctorat à Seattle, elle prend la direction du Laboratoire de radiobiologie sur le campus d'Orsay, une antenne de l'Institut du radium. Elle consacre son travail à l'étude des lésions de l'ADN. En 1985, elle dirige un laboratoire à l'Institut Curie qui s'intéresse aux mécanismes de la mutagenèse et de la réparation de l'ADN en étudiant les maladies induites par les radiations et les chimiothérapies. À partir de 1995, elle devient conseillère scientifique pour la biologie au CEA.

Une figure emblématique de la recherche en radiobiologie et biologie.

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