La protéine p53 est un facteur de transcription qui exerce un véritable rôle de « gardien du génome » : en réponse à différents stress, la protéine déclenche des mécanismes de réparation de l'ADN ou de mort cellulaire.
Dans plus de 50% des cancers, les cellules tumorales présentent des mutations du gène codant p53. Ces mutations constituent des biomarqueurs de l'agressivité et de la pharmacorésistance des cancers ; ceci est notamment dû au fait qu'elles induisent des dérégulations de signaux cellulaires dont certains favorisent la progression tumorale et l'angiogenèse. Actuellement, la détection de ces mutations repose sur une biopsie, un examen invasif et qui ne reflète pas toujours l'hétérogénéité des tumeurs. Des techniques d'imagerie optique sont également développées mais elles ne peuvent s'appliquer qu'à des localisations superficielles de tumeurs.
Et si la TEP permettait de suivre les mutations de p53 ?
La molécule CP31398 est connue pour se lier à p53 et restaurer ses fonctions mais elle n'a pas fait l'objet de développements cliniques poussés du fait de sa toxicité à dose thérapeutique.
Dans une perspective de médecine personnalisée, une équipe du laboratoire BioMaps en collaboration avec le SIMoS (département MTS) a donc imaginé un repositionnement diagnostic de CP31398 : l'injection à de très faibles doses de CP31398 radiomarqué permettrait de détecter p53
in vivo par imagerie TEP, sans toxicité pour le patient.
L'équipe a réussi à synthétiser deux traceurs radioactifs dérivés de CP31398, l'un marqué au carbone-11, l'autre au fluor-18. Leurs résultats obtenus
in vitro montrent que ni l'un ni l'autre ne se lie directement à p53 mais à une cible non identifiée. Bien qu'ils ne puissent donc pas servir à faire de l'imagerie TEP p53, les deux radioligands pourraient servir à comprendre le mécanisme d'action de CP31398.
Contact Institut des sciences du vivant Frédéric-Joliot :