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Syndrome de Lynch : la biologie structurale en soutien de l’aide au diagnostic


Des chercheurs du CEA-IBITECS, du CNRS et de l’Université Paris-Sud présentent le premier modèle de l’architecture de l’une des protéines impliquées dans le syndrome de Lynch, une prédisposition génétique au cancer colorectal. Ce résultat constitue le départ d’un projet clinique d’aide au diagnostic, avec l’hôpital de la Timone (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) et l’Institut Curie. ​

Publié le 25 février 2013

​Le syndrome de Lynch est une affection génétique, héréditaire, qui prédispose aux cancers du côlon et du rectum. Les chercheurs ont visé la protéine correspondant à MLH1, une des protéines mutées dans la maladie et impliquées dans une voie de réparation de l’ADN (appelée « voie de réparation des mésappariements » car elle répare les erreurs liées à la réplication de l’ADN). Ils ont utilisé la cristallographie aux rayons X pour comprendre comment elle fonctionne et repérer où se trouvent précisément les mutations.

L'image à l’échelle atomique de la protéine MLH1 (en vert clair et foncé) permet de positionner les mutations identifiées sur un panel de patients. Cette image permet de proposer un classement des mutations : de haute gravité (en rouge), de gravité moyenne (en cyan) ou gravité difficile à prédire d'après l'image (en gris). ( © CEA/CNRS/Université Paris-Sud)

 

Outre son intérêt sur le plan de la recherche fondamentale, cette publication est le point de départ d’un projet clinique d’aide au diagnostic. En effet, de nombreuses mutations identifiées sur MLH1 ne peuvent pas directement expliquer le syndrome. Leur implication n’est établie qu’en intégrant différents facteurs cliniques, tumoraux et familiaux. Les chercheurs et les cliniciens travaillent sur un listing de 70 mutations de MLH1 observées chez un panel de patients. D’ores et déjà, grâce aux résultats obtenus à Saclay, les chercheurs affinent l’impact potentiel de chaque mutation sur la voie de réparation des mésappariements de l’ADN. Mené avec l’ Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille et l’ Institut Curie, ce projet a pour objectif d’utiliser les données fonctionnelles pour personnaliser la prise en charge des patients porteurs de ces mutations, en combinaison avec les autres facteurs. L’impact de ces mutations pourra être classé en 3 niveaux : 1. Haute gravité (mutation délétère, déploiement de la protéine) ; 2. Gravité moyenne (la protéine ne peut plus interagir avec son environnement) ; 3. Ne se prononce pas. Après séquençage du génome des personnes à risques (ce syndrome est héréditaire), les médecins pourraient ainsi disposer d’un système de classement qui les aiderait à décider de la prise en charge préventive du cancer colorectal.

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