Le carcinome à cellules rénales (CCR) désigne la forme la plus fréquente de cancer du rein. Il est caractérisé par une grande diversité entre les tumeurs de différents patients. Cette hétérogénéité rend difficile l'évaluation de leur agressivité et de leur capacité à former des métastases, c'est-à-dire à se disséminer dans l'organisme limitant donc l'efficacité des stratégies thérapeutiques. Dans ce contexte, il devient essentiel de développer des modèles expérimentaux capables de reproduire fidèlement les propriétés intrinsèques des cellules tumorales d'une part, et leur interaction avec le micro-environnement d'autre part.
Dans cette étude, des chercheurs du CEA-Irig ont combiné plusieurs systèmes expérimentaux complémentaires (modèles in vitro en 2D et 3D et modèles in vivo de poisson zèbre, souris et embryon de poulet) pour caractériser le comportement invasif de trois lignées de carcinome rénal, nommées RCC10, RCC7 et 786-O.
L'étude a révélé que la lignée RCC7 possède certaines caractéristiques biologiques associées à la dissémination tumorale. Les résultats montrent également que les lignées RCC7 et 786-O présentent un potentiel métastatique plus élevé que la lignée RCC10. Cette agressivité accrue a été observée dans ces différents modèles expérimentaux, révélant une plus grande capacité des cellules RCC7 et 786-O à former des métastases pulmonaires dans les modèles in vivo de poulet et de murin.
Les modèles 3D développés par l'équipe, ainsi que des tumoroïdes dérivés de patients, ont surtout permis de prédire avec précision le comportement métastatique observé dans les modèles précliniques. Ces résultats suggèrent que ces systèmes tridimensionnels reproduisent fidèlement l'agressivité des tumeurs.
Ces modèles pourraient donc constituer des outils prédictifs utiles pour évaluer l'évolution du carcinome rénal et mieux anticiper la réponse thérapeutique, ouvrant de nouvelles perspectives pour la médecine de précision et personnalisée.