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Tempêtes en cascade : un enjeu majeur pour les assureurs


En Europe, les tempêtes hivernales constituent le risque naturel le plus coûteux pour les assureurs. Lorsqu'elles se succèdent et frappent une même région en quelques jours, elles forment des clusters de tempêtes qui amplifient les dommages. Une étude menée par le LSCE (CEA-CNRS-UVSQ), en collaboration avec Generali France, montre que ce phénomène joue un rôle majeur dans les pertes assurées en France et doit être mieux pris en compte dans les modèles de risque.​

Publié le 28 septembre 2026

​Pour mieux comprendre l'impact des tempêtes hivernales, les chercheurs ont dans un premier temps développé une nouvelle méthode permettant d'associer chaque sinistre à la tempête qui l'a provoqué. Appliquée au portefeuille de sinistres de Generali France, cette approche a permis de constituer un véritable catalogue où les évènements physiques sont associés à leur dommage observé. Cet outil offre une vision beaucoup plus fine des conséquences des tempêtes et ouvre de nouvelles perspectives pour mieux évaluer les risques, estimer les pertes futures et adapter les stratégies de réassurance.

L'étude s'est ensuite concentrée sur les clusters de tempêtes, définis comme une succession de tempêtes touchant une même région en moins de quatre jours. Cette récurrence de vents violents est susceptible d'amplifier les dommages, tandis que leur faible séparation temporelle et spatiale complique la gestion des sinistres. Les tempêtes Lothar et Martin, qui ont traversé la France les 25 et 26 décembre 1999, constituent l'exemple le plus emblématique de ces épisodes de tempêtes en série. Les analyses montrent que les tempêtes arrivant en cluster sont généralement plus violentes que les tempêtes isolées, avec notamment des systèmes dépressionnaires plus creux.

Exemple de cluster de deux tempêtes. Les lignes verte et bleue représentent les trajectoires des tempêtes 1 et 2, avec des positions relevées toutes les six heures. Les zones ombrées en vert et en bleu correspondent aux zones d'impact respectives des deux tempêtes, définies par un rayon de 1 300 km autour du centre de leur trajectoire. La zone ombrée en rouge représente le chevauchement des zones de fort impact, définies par un rayon de 700 km autour des trajectoires des tempêtes.

Les résultats révèlent également qu'au sein d'un cluster, une seule tempête concentre en moyenne 70 % des pertes assurées, les tempêtes suivantes ou précédentes venant aggraver ou favoriser les dommages. Plus marquant encore, pour Generali, 85 % des pertes assurées liées aux tempêtes en France entre 1998 et 2024 sont associées à des clusters de tempêtes.

Ces travaux soulignent l'importance d'intégrer explicitement le phénomène de clustering des tempêtes dans les modèles de risque, afin d'améliorer l'estimation des pertes et la gestion des risques pour les assureurs et les réassureurs.


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