Toutes deux mènent leurs travaux au CEA-Irfu, en astrophysique, avec deux approches complémentaires : Marie-Anne Carpine étudie la poussière interstellaire, matière première de la formation des étoiles et des planètes ; Camille Moisset cherche à mieux comprendre les mécanismes physiques qui gouvernent l’évolution des étoiles.
Marie-Anne Carpine – Comprendre la matière à l’origine des planètes
Doctorante en astrophysique, Marie-Anne Carpine développe des modèles permettant de relier les observations de grands télescopes, notamment le télescope spatial James Webb ou l’interféromètre ALMA, aux propriétés physiques des grains de poussière interstellaire. Taille, composition, structure : mieux caractériser ces grains doit permettre de comprendre comment ils évoluent jusqu’à participer à la formation des systèmes planétaires et, plus largement, d’éclairer les conditions dans lesquelles peuvent se former des mondes habitables.
Après des classes préparatoires à Nice puis l’École polytechnique, elle choisit de poursuivre en recherche fondamentale, guidée par son goût pour la physique théorique et les grandes questions sur l’Univers. Très attachée à la transmission des connaissances, elle souhaite aussi profiter de ce prix pour rendre plus visibles les jeunes chercheuses et aider les jeunes filles à se projeter dans les carrières scientifiques.
Camille Moisset – Comprendre la vie des étoiles
Camille Moisset étudie les phénomènes qui se déroulent à l’intérieur des étoiles, notamment les ondes et les instabilités qui influencent leur évolution. Ses travaux visent à améliorer les modèles capables de retracer la vie d’une étoile, de sa naissance à sa mort. Ces avancées contribuent aussi à mieux comprendre l’évolution des galaxies, à caractériser les exoplanètes et à préparer les objectifs scientifiques de futures missions spatiales.
Son lien avec le CEA remonte au collège. À l’occasion d’un concours de physique, elle assiste à une conférence de l’astrophysicien du CEA Rolland Lehoucq et visite le centre : elle décide alors qu’elle souhaite, un jour, y faire de l’astrophysique. Quelques années plus tard, encore lycéenne, elle contacte spontanément des chercheurs du CEA pour les interroger sur leur métier. Parmi eux figure celui qui deviendra plus tard son directeur de thèse, avec qui elle gardera un contact régulier au fil de ses études et de ses choix d’orientation.
Après une école d’ingénieur à IMT Mines Albi-Carmaux, Camille choisit ainsi de construire un parcours volontairement pluridisciplinaire, avec un double diplôme en sciences de l’océan, de l’atmosphère et du climat à Sorbonne Université, puis plusieurs stages en astrophysique et en géophysique. Cette ouverture vers la mécanique des fluides géophysiques nourrit aujourd’hui ses recherches en astrophysique stellaire au CEA.