Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Quatre chercheurs de la DRF lauréats d’un ERC Starting Grant

Succès

Quatre chercheurs de la DRF lauréats d’un ERC Starting Grant 2026


​​​​​​​Quatre​​ chercheurs de la DRF viennent de recevoir une bourse ERC Starting Grant pour leur projet de recherche innovant : João Barbosa (CEA-Joliot), Alexandra Colin (CEA-Irig), Nicolas Galvanetto (CEA-Irig) et Carlo Heissenberg (IPhT, CEA-CNRS).

Publié le 3 septembre 2026

João Barbosa (CEA-Joliot), projet DISCONTROL : "Discovery and control of flexible neural architectures"

João Barbosa est directeur de recherche à l’Inserm au sein de l’Institut de neuromodulation et de NeuroSpin​​​. Son équipe utilise l’apprentissage automatique et la modélisation computationnelle pour comprendre comment les réseaux cérébraux distribués permettent de produire des comportements flexibles. 

La flexibilité comportementale, c’est-à-dire la capacité à changer de stratégie lorsque les règles évoluent, est une caractéristique fondamentale de notre cognition. Elle varie pourtant considérablement d’une personne à l’autre. Pendant des décennies, cette faculté a été attribuée au cortex préfrontal, considéré comme le centre de contrôle du reste du cerveau.

Les données disponibles montrent désormais plutôt l’existence d’une architecture distribuée, dans laquelle les différentes régions cérébrales se contrôlent mutuellement par l’intermédiaire de boucles de rétroaction denses. Ce changement de perspective soulève une question complexe : dans un réseau densément connecté, sans modules clairement définis, quelles interactions sont réellement à l’origine du comportement ?

Le projet DISCONTROL, financé pour cinq ans par une bourse ERC Starting Grant, se propose de répondre à cette question. Grâce aux méthodes modernes d’apprentissage automatique, le projet permettra de reconstruire l’architecture propre à chaque participant à partir de l’activité électrique enregistrée directement dans le cerveau lors d’un suivi clinique, puis de tester expérimentalement ces reconstructions en stimulant simultanément plusieurs régions cérébrales. L’objectif ultime est de comprendre pourquoi certaines personnes sont plus flexibles que d’autres dans leur comportement.​

Alexandra Colin (CEA-Irig), projet SHARETHEPOOL “Ressource sharing in cells : the case of competitive actin structures" 

Après un premier post-doctorat à l'Institut Pasteur à Paris, Alexandra Colin rejoint le Cytomorpholab au CEA-Irig/LPCV (Laboratoire de physiologie cellulaire et végétale) à Grenoble, où elle travaille sur la reconstitution de la dynamique des réseaux d'actine dans des environnements confinés. Recrutée au CNRS en 2023, elle continue ses recherches sur cette reconstitution en s'intéressant particulièrement aux mécanismes permettant la coexistence de différentes structures lorsqu'elles doivent partager des ressources limitées. 

Le projet ERC SHARETHEPOOL vise à comprendre comment la cellule alloue ses ressources, notamment comment un stock limité d'actine est partagé pour construire et maintenir de multiples structures dynamiques. L'approche expérimentale sera basée sur la complémentarité entre un système biomimétique et un système cellulaire quantitatif, dont l'un des objectifs sera de reconstituer des structures d'actine dynamiques se partageant les mêmes ressources. Une question importante sera de tester si ces structures peuvent communiquer en détectant les ressources disponibles. ​

Nicola Galvanetto (CEA-Irig), projet Interfaces "Single-molecule dynamics of aggregation at biomolecular condensate interfaces" 

Après l'obtention d'un doctorat en biophysique et neurobiologie à l'Ecole internationale supérieure d'études avancées (SISSA) de Trieste, Nicola Galvanetto a rejoint l'Université de Zurich comme chercheur postdoctoral où il s'est intéressé aux mouvements, aux interactions et aux assemblages de protéines désordonnées afin de mieux comprendre leur implication dans certains processus pathologiques. Depuis mars 2026, Nicola dirige sa propre équipe à l'Institut de Biologie Structurale (IBS) de Grenoble, où il développe, grâce à une bourse ATIP-Avenir, un programme de biophysique moléculaire à l'échelle de la molécule unique. Il cherche à comprendre comment les interactions moléculaires donnent naissance à l'organisation et à la complexité du vivant, et comment leur dérèglement peut conduire au développement de maladies. 

Le projet ERC Interfaces vise à comprendre et moduler, à l'échelle de la molécule unique, le comportement des protéines aux interfaces des condensats biomoléculaires, des compartiments sans membrane essentiels à l'organisation spatiale et temporelle des composants cellulaires. Ces travaux pourraient notamment contribuer à mieux comprendre les mécanismes d'agrégation protéique impliqués dans les maladies neurodégénératives et à ouvrir de nouvelles pistes thérapeutiques. Plus largement, ils visent à décrypter les principes fondamentaux qui régissent les interactions entre biomolécules et interfaces biologiques.


Carlo Heissenberg (IPhT, CEA-CNRS), projet UREikA "Ultrarelativistic Eikonal Amplitudes: gravitational scattering at high energies"

Physicien théoricien à l'IPhT (CEA-CNRS), Carlo Heissenberg mène des recherches en théorie quantique des champs, amplitudes de diffusion et ondes gravitationnelles.  Ses travaux portent principalement sur la limite classique des amplitudes de diffusion et leur application au calcul des observables des ondes gravitationnelles dans le cadre de l'approximation post-minkowskienne.

La découverte des ondes gravitationnelles, ces infimes vibrations de l'espace-temps prédites par Einstein, a ouvert une nouvelle fenêtre sur l'Univers. Pour interpréter les signaux enregistrés par les détecteurs, les physiciens doivent être capables de décrire avec une très grande précision le mouvement d'objets extrêmement massifs, comme les trous noirs ou les étoiles à neutrons, lorsqu'ils se croisent ou entrent en collision. Le projet EUREika​ s'intéresse à une situation encore mal comprise : lorsque deux objets se déplacent à des vitesses proches de celle de la lumière. Dans ce régime extrême, plusieurs questions restent ouvertes. Quelle quantité d'énergie est émise sous forme d'ondes gravitationnelles ? Comment la trajectoire des objets est-elle modifiée par cette émission ? Et quelle est la forme exacte des ondes gravitationnelles produites ?

Pour y répondre, les chercheurs développeront de nouvelles méthodes de calcul issues de la physique des particules afin de ​décrire plus fidèlement ces phénomènes et à améliorer les modèles utilisés pour interpréter les observations des détecteurs d'ondes gravitationnelles. Au-delà de ces applications, ces travaux permettront de tester certaines des idées les plus fondamentales sur la gravitation, y compris la relativité générale qui décrit la gravitation à grande échelle, et de répondre à des questions de longue date sur sa limite à haute énergie.​

Haut de page