L'hypoxie accidentelle est connue pour ses effets néfastes sur le cerveau, en particulier sur les sous-régions de l'hippocampe très sensibles au manque d'oxygène et essentielles à la mémoire épisodique.
Au cours d'une saison d'entraînement, les plongeurs en apnée sportive exposent régulièrement leur cerveau à une hypoxie volontaire intermittente et répétée. Ils constituent donc un modèle idéal pour étudier les effets d'une hypoxie volontaire sur le cerveau, notamment pour déterminer si celle-ci peut entraîner des modifications anatomiques susceptibles de conduire à des déficits de mémoire importants.
Des chercheurs du CEA-Joliot ont ainsi mené une étude comparative impliquant 17 apnéistes de sexe masculin et 20 athlètes non apnéistes. Les apnéistes ont suivi un entraînement de 7 mois. Le volume des sous-régions de l'hippocampe a été déterminé par IRM 3 teslas (plateforme de NeuroSpin) au moyen du logiciel HSF© Hippocampal Segmentation Factory, développé par l'équipe. La capacité de mémoire épisodique a été évaluée par un test de séparation de profils afin d'impliquer sélectivement les sous régions de l'hippocampe.
Leur étude met en évidence des résultats comparables entre les deux groupes, que ce soit dans les volumes des sous-régions de l'hippocampe ou dans les performances de la mémoire, tant avant qu'après la période d'entrainement.
Cette étude apporte un éclairage nouveau sur la capacité du cerveau à s'adapter à des épisodes répétés d'hypoxie contrôlée. Elle ouvre également des perspectives pour de possibles applications thérapeutiques dans des situations impliquant un dysfonctionnement de l'hippocampe. À NeuroSpin, les recherches se poursuivent afin d'explorer les mécanismes d'adaptation métaboliques et fonctionnels qui soutiennent cette résilience de l'hippocampe.