Dans cette nouvelle publication, les auteurs ont étudié un nanocorps appelé VHH76, conçu pour empêcher le SARS-CoV-2 d'entrer dans les cellules de l'organisme. L'objectif principal était d'évaluer le risque de réponse immunitaire non désirée, en suivant la réponse des lymphocytes T qui déclenchent les réponses immunitaires. Les chercheurs ont étudié la réponse cellulaire in vitro à trois versions de cet anticorps : une version originale, une version modifiée pour être plus proche des anticorps humains (humanisée), et enfin une version encore plus proche des séquences humaines naturelles (germinale).
Les résultats montrent que les trois versions provoquent in vitro une réponse immunitaire, mais celle-ci est plus faible pour la version germinale. Les chercheurs ont aussi identifié deux régions du nanocorps VHH76 importantes dans cette réaction : l'une qui permet de reconnaître le virus, et une autre liée à la structure du nanocorps. Ces résultats confirment que les nanocorps ne sont pas intrinsèquement peu immunogènes, et que leur séquence influence directement ce risque. Ils confirment les observations d'études cliniques récentes mettant en évidence des réponses immunitaires indésirables contre plusieurs de ces nanocorps administrés chez des patients.
L'un des apports majeurs de l'étude repose sur l'utilisation d'un test sensible et spécifique, développé par le CEA. Les chercheurs ont montré qu'il existait un risque d'immunogénicité pour un anticorps à domaine unique et que l'humanisation des séquences diminuait ce risque.
En identifiant deux régions importantes du VHH76, ces résultats pourraient contribuer au développement de nouvelles stratégies d'ingénierie d'anticorps pour éviter les réponses immunitaires.
Les recherches sur le risque de réponse immunitaire non désirée des VHH n'en sont qu'à leurs débuts et des investigations supplémentaires sont nécessaires pour caractériser pleinement et atténuer les risques de réponse immunitaire non souhaitée liée à l'utilisation thérapeutique de ces nouveaux formats d'anticorps.
Financement France 2030 Ces travaux ont reçu le soutien financier du
PEPR Biothérapies et Bioproduction de Thérapies Innovantes, lancé par l'État en 2021, une des actions majeures de la stratégie d'accélération "Biothérapies et Bioproduction de Thérapies Innovantes" du plan d'investissements France 2030.
Projet
ACCREDIA (ANR-22-PEBI-0009).