Cette station dérivante unique au monde permettra d'étudier pendant vingt ans l'océan Arctique central. L'objectif est de mieux comprendre les effets du changement climatique sur la biodiversité de l'Arctique, ainsi que les capacités d'adaptation des espèces endémiques aux changements globaux. Le CEA fait partie des 34 laboratoires impliqués dans cette aventure scientifique d'envergure qui regroupe 12 pays.
Tara Polar Station est partie le 19 juillet de Lorient, son port d’attache, pour rejoindre la Norvège en août et accueillir à Kirkenes le premier équipage d’hivernants. La traversée des eaux russes s’est bien déroulée, grâce à la coopération avec l’administration de la Route Maritime du Nord, malgré des conditions météo délicates. Le 8 septembre, dans le cadre d’une collaboration franco-chinoise, le Xue Long 2, brise-glace océanographique du Polar Research Institute of China qui étudiait la zone depuis 2 mois, a rejoint Tara Polar Station à un point de rencontre fixé entre les deux navires. Le Xue Long 2 a ainsi ouvert la voie à Tara Polar Station et lui a permis d’atteindre son objectif de prise en glace par 82°24’N 155°03’E le 9 septembre à midi heure de Paris. Amarrée à un vaste bloc de glace, la station a commencé sa dérive. L’équipage lancera les recherches et ses nombreux protocoles d’échantillonnage au fur et à mesure que la glace autour de la station sera bien stabilisée par le froid hivernal.

Tara Polar Station entame sa dérive après avoir suivi le sillage du Xue Long 2, un brise-glace océanographique chinois, qui lui a permis d'atteindre son objectif de prise en glace : 82°24’N 155°03’E. ©Sébastien Devrient – Fondation Tara Ocean
C’est un moment très important pour la Fondation Tara Océan mais aussi pour l'exploration polaire en général. Cela fait plus de 10 ans que nous avons imaginé cette base polaire dérivante destinée à étudier l’Arctique au fil des saisons et sur le long-terme. Je remercie nos équipes et nos partenaires pour la réussite du projet. Aujourd’hui, 80 scientifiques issus de 32 institutions de 12 pays sont mobilisés autour de cette première expédition Tara Polaris I. Collectivement, nous allons pouvoir vous raconter ce pôle, mais aussi poser un diagnostic sur l’état de santé de l’océan Arctique central et faire avancer la connaissance et la gouvernance de cette région sentinelle des changements globaux. Romain Troublé, Directeur général de la Fondation Tara Océan.